Adélard Godbout, un bâtisseur de l’agriculture moderne au Québec

Lorsqu’on évoque Adélard Godbout, on pense souvent au premier ministre qui a accordé le droit de vote aux femmes québécoises en 1940, ou encore à l’un des artisans de la nationalisation de l’électricité. Pourtant, son héritage dans le domaine agricole demeure l’un des plus importants de l’histoire du Québec.

José D. Soucy

Né en 1892 à Saint-Éloi, dans le Bas-Saint-Laurent, Adélard Godbout est avant tout un agronome. Après des études à l’École d’agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, aujourd’hui associée à l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec, il poursuit sa formation au Massachusetts Agricultural College, aux États-Unis. À son retour au Québec, il enseigne à Sainte-Anne-de-la-Pocatière de 1918 à 1930, et travaille également comme agronome pour le ministère de l’Agriculture dans le comté de L’Islet. Cette expérience sur le terrain lui permet de développer une connaissance approfondie des réalités agricoles québécoises.
Élu député de L’Islet en 1929, il devient l’année suivante ministre de l’Agriculture du Québec. À seulement 38 ans, il entreprend plusieurs réformes destinées à moderniser un secteur alors confronté à de nombreux défis économiques.
Parmi les dossiers auxquels Adélard Godbout s’intéresse particulièrement figure l’industrie laitière, un pilier de l’agriculture québécoise. À titre de ministre de l’Agriculture, il appuie la mise en place de mesures visant à mieux encadrer la production et la commercialisation du lait. Ces initiatives contribuent à professionnaliser le secteur, et à améliorer la stabilité économique de nombreuses fermes québécoises.
Godbout accorde également une grande importance à la recherche, à la formation et au transfert des connaissances agricoles. Convaincu que l’avenir de l’agriculture passe par l’innovation, il soutient le développement de l’enseignement spécialisé, et encourage l’adoption de méthodes de production plus efficaces.
Durant son second mandat comme premier ministre, de 1939 à 1944, alors qu’il conserve également le portefeuille de l’Agriculture, il poursuit son engagement envers les communautés rurales. Son gouvernement favorise notamment l’électrification des campagnes, une transformation majeure qui permet l’arrivée d’équipements modernes dans les fermes, et améliore considérablement les conditions de vie des familles agricoles.
Sous le gouvernement d’Adélard Godbout, des efforts sont également consacrés à l’amélioration des terres agricoles par le drainage et la modernisation des pratiques culturales. Dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, les autorités encouragent aussi le développement de nouvelles productions afin de renforcer l’autonomie alimentaire du Québec. La culture de la betterave à sucre figure parmi les initiatives soutenues durant cette période, contribuant à diversifier l’agriculture québécoise.
Plus de soixante ans après son décès, l’influence d’Adélard Godbout demeure reconnue. Son parcours lui a valu d’être intronisé au Temple de la renommée agricole du Canada en 1962, et au Temple de la renommée de l’agriculture du Québec en 1992.
Pour les régions de L’Islet et de La Pocatière, Adélard Godbout demeure une figure marquante de l’histoire agricole.
Ancien professeur à l’École d’agri-culture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, agronome dans le comté de L’Islet, député de L’Islet et ministre de l’Agriculture, il a consacré une grande partie de sa carrière au développement du secteur agricole québécois. Son action a notamment contribué à renforcer l’encadrement de l’industrie laitière, à soutenir la formation des producteurs, et à favoriser l’amélioration des conditions de production dans les campagnes québécoises. Son parcours lui vaut encore aujourd’hui d’être reconnu comme l’un des plus influents de l’histoire agricole du Québec.

Adelard Godbout. Photo : Arthur Roy/Bibliothèque et Archives Canada