Frédéric Poulin veut redonner de l’élan à l’agriculture québécoise

Producteur laitier, ancien maire de Saint-Antoine-de-l’Isle-aux-Grues, et aujourd’hui porte-parole du Parti conservateur du Québec en matière d’agriculture, Frédéric Poulin souhaite mettre son expérience du terrain au service des producteurs agricoles québécois. Actuellement candidat du PCQ dans la circonscription de Côte-du-Sud, en vue des élections provinciales du 5 octobre prochain, il affirme que l’agriculture doit retrouver une place centrale dans les priorités de Québec.

José D. Soucy

Selon M. Poulin, l’un des principaux défis auxquels font face les entreprises agricoles est l’accumulation de réglementations qui compliquent leur travail et nuisent à leur compétitivité. Il estime que Québec doit s’assurer que ses producteurs puissent évoluer dans un cadre réglementaire comparable à celui de leurs principaux concurrents, notamment en Ontario et dans le nord-est des États-Unis. « Il faut s’assurer que nos règlements ne nous désavantagent pas par rapport à ceux avec qui nous partageons les marchés », soutient-il.
Frédéric Poulin croit également que les politiques agricoles devraient davantage tenir compte des réalités régionales. Selon lui, les conditions de production diffèrent grandement d’une région à l’autre, et les règles devraient refléter cette diversité au lieu de pratiquer des solutions uniques. « L’agriculture pratiquée en Montérégie ne ressemble pas à celle du Lac-Saint-Jean ou de l’Abitibi. Les réalités de terrain sont différentes et il faut en tenir compte », ajoute-t-il.
La gestion de l’offre doit être préservée
Interrogé sur la gestion de l’offre, le porte-parole conservateur se montre catégorique. Il ne remet pas en question ce modèle qui encadre les productions laitière, avicole et ovocole. À ses yeux, la gestion de l’offre ne se limite pas aux quotas de production. Elle englobe également la mise en marché, la répartition des volumes, et le maintien d’activités agricoles dans l’ensemble des régions du Québec. « Il faut comprendre que la gestion de l’offre, c’est beaucoup plus qu’un simple contrôle de la production. C’est tout un système qui contribue au développement régional », explique-t-il.
Il reconnaît toutefois que les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis demeurent une source de préoccupation. À ses yeux, le gouvernement fédéral devra s’assurer que les producteurs agricoles ne soient pas sacrifiés au profit d’autres secteurs économiques dans d’éventuelles ententes commerciales.
Une approche prudente sur la représentation syndicale
Sur le débat entourant la pluralité syndicale et le rôle de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Frédéric Poulin adopte une approche mesurée. Il affirme vouloir poursuivre les consultations avant de prendre une position définitive sur la question. Selon lui, le dossier est complexe, et mérite une analyse approfondie afin d’éviter des décisions prises à la hâte.
Qui plus est, l’UPA avec ses fédérations s’occupe aussi de la mise en marché. « Il faut prendre le temps d’écouter tout le monde, de comprendre les impacts, et d’évaluer les avantages et les inconvénients des différentes options », indique-t-il, avouant au passage que sa formation politique n’a toujours pas statué sur la question.
Favoriser la relève et protéger les terres agricoles
La transmission des fermes aux générations suivantes constitue également un enjeu important à ses yeux. Bien qu’il reconnaisse les difficultés financières liées à la valeur élevée des terres agricoles, il estime essentiel que celles-ci demeurent majoritairement entre les mains des familles agricoles québécoises. « Les terres agricoles représentent un patrimoine. Il faut éviter qu’elles deviennent uniquement des actifs spéculatifs, et préserver leur caractère québécois », soutient-il.
Réduire la paperasserie
Parmi les mesures déjà adoptées par le Parti conservateur du Québec, Frédéric Poulin souligne l’idée d’un moratoire sur l’ajout de nouvelles réglementations contraignantes pour le secteur agricole. Pour ce dernier, avant d’imposer de nouvelles obligations aux producteurs, il serait préférable d’évaluer l’efficacité des règles déjà en place, et d’alléger celles qui créent des obstacles inutiles, comme l’avance sa formation politique dans sa plateforme officielle.
Il estime aussi que les gouvernements devraient accorder davantage de confiance aux agriculteurs, qu’il considère comme les premiers intéressés à préserver la qualité de leurs terres et de leur environnement. « La très grande majorité des producteurs sont responsables et soucieux de leur milieu. Il faut leur faire confiance, et leur donner les moyens de produire efficacement », affirme-t-il.
Actuellement candidat du Parti conservateur du Québec dans Côte-du-Sud, Frédéric Poulin entend faire de ces enjeux des éléments importants de sa campagne électorale. Il croit que l’avenir de l’agriculture québécoise passe par une réduction des contraintes administratives, une meilleure adaptation des politiques aux réalités régionales et une plus grande confiance envers les producteurs.
« L’agriculture ne devrait pas devenir importante seulement aux quatre ans. Elle est au cœur de nos régions, de notre économie, et de notre sécurité alimentaire. Ce n’est pas normal que le seul ministre de l’Agriculture dont on entend encore parler aujourd’hui soit Jean Garon », conclut-il.

Frédéric Poulin. Photo modifiée par l’IA